2005 - Septembre / Octobre

Septembre - Octobre 2005, Numero 34

Prendre de l’âge - une vision positive

http://www.healthandage.com
Septembre - Octobre 2005

Bulletin d’information
Prendre de l’âge – une vision positive. Par Kenneth et Mary Gergen.
Dédié à un dialogue fécond entre recherche et pratique.
Parrainé par la Web-based Health Education Foundation [Fondation pour l'Education à la Santé en Réseau] et le Taos Institute.
Traduit par Alain Robiolio

Dans ce numéro:

COMMENTAIRE – Explorer la question de l’héritage

"Transmettre un héritage veut trop souvent dire donner des biens. Mais je pense qu'il est probablement tout aussi important de léguer une part de soi ou de son âme, ne trouvez-vous pas?"Ces mots sont ceux de Nellie, une femme de 82 ans qui pense à ce qu'il serait bon de laisser en héritage pour l'avenir; une opinion d'importance. Cette réflexion suit une question posée par Elizabeth Hunter et Graham Rowles, deux chercheurs qui ont tenté de saisir ce que signifie transmettre un héritage de nos jours. Il est probable que le désir de laisser quelque chose à ceux qui nous survivent est une interprétation profane de l'idée religieuse de la vie éternelle de l'âme. Peut-être est-ce aussi une façon de sentir que notre vie continue d'être productive. Warner Schaie et Sherry Willis (2000) vont même jusqu'à dire que la volonté de laisser un héritage est un stade normal du développement de l'adulte âgé. Quelles qu'en soient les origines, il semble bien que ce soit un moyen de donner un sens à sa vie.

Au travers d'une étude approfondie menée sur 14 personnes âgées de 31 à 94 ans, Hunter et Rowles donnent une idée de la signification de l'héritage. Ils ont découvert trois formes principales. Deux d'entre elles ne sont pas surprenantes: l'héritage biologique d'une part, lié à la création de la génération suivante et l'héritage matériel d'autre part, l'argent, les propriétés, les objets de famille, etc. Il n'en reste pas moins très intéressant de constater que dans leur grande majorité, les participants à cette étude pensaient que le plus important à laisser en héritage n'était pas de l'ordre biologique ou matériel, mais de celui des valeurs. Ils croyaient que le plus grand cadeau qu'ils pouvaient faire à leurs successeurs était de leur transmettre des valeurs comme la bonté, la générosité, l'éducation et les croyances religieuses. Cet héritage pouvait se transmettre de multiples manières, mais la plus importante restait celle de l'exemple, et prendre de l'âge ouvrait de nouveaux possibles dans ce sens. C'est là qu'ils pouvaient démontrer combien il était important de rester alerte et de s'adonner à des activités valorisantes. Ces dernières découvertes nous ont impressionné, d'abord parce qu'elles sont hautement démocratiques. Nous n'avons nul besoin d'acquérir une aisance ou encore d'avoir des enfants pour avoir le sentiment de laisser un héritage au monde. Les valeurs peuvent être partagées avec tous. L'accent mis sur la façon humaine de donner du sens est lui aussi frappant. Ce ne sont pas les faits matériels, les enfants ou les possessions qui comptent, mais le sens que nous donnons à la vie et que nous nous transmettons les uns aux autres. C'est ce même sentiment que l'on trouve dans les mémoires de Bill Clinton, lorsqu'il écrit: "De nombreux journalistes ont commencé à me demander ce que je voulais laisser en héritage. Serais-je connu pour avoir amené la prospérité, pour être un faiseur de paix? J'ai tenté de formuler une réponse qui ne tienne pas seulement compte des réussites concrètes mais aussi de ce sens du possible et de la communauté que je voulais que représente l'Amérique". A la lecture de cette recherche, nous avons eu le sentiment que les participants nous avaient vraiment laissé la sagesse de leurs opinions en héritage. Les lecteurs trouveront d'autres ressources sur le thème de l'héritage dans la partie Livres et Ressources de ce bulletin. Ken et Mary Gergen
Hunter, E. G. & Rowles, G. D. (2005) Leaving a Legacy: Toward a typology [Laisser un héritage: vers une typologie]. Jounal of Aging Studies, 19, 327-347. Schaie, K. W. & Willis, S. L. (2000) A stage model of adult cognitive development revised [Un modèle revu du développement par étapes de l'adulte]. In R. L. Rubinstein, M- Moss & M. H. Kleban (Eds.) The Many Dimensions of Aging [Les dimensions multiples du vieillissement]. New York: Springer.

RECHERCHE – S'entraîner au bonheur

Nous pensons souvent au bonheur comme à une condition qui nous est léguée ("certaines personnes sont nées heureuses") ou qui est générée par des conditions favorables ("quel merveilleux cadeau"). Les chercheurs en question suggèrent que nous pouvons développer la capacité d'être heureux. Nous pouvons nous entraîner au bonheur pour créer un sentiment accru de bien-être, de la même façon dont nous nous préparons physiquement à une course cycliste. Pour explorer cette éventualité, ils ont élaboré un ensemble d'exercices en ligne que les personnes intéressées pouvaient pratiquer pendant une semaine dans le but d'accroître leur capacité d'être heureuses. Voici les trois exercices que ces chercheurs ont proposé: Lexercice de la reconnaissance: ils demandaient aux participants d'écrire une lettre témoignant de leur reconnaissance envers les personnes qui avaient fait preuve d'une gentillesse particulière à leur égard et de la leur remettre en mains propres.

Trois bonnes choses de la vie: les participants étaient invités à écrire tous les soirs pendant une semaine trois choses qui se sont quotidiennement bien déroulées et leurs causes. Utiliser ses forces d'une nouvelle façon: Les participants devaient identifier leur forces personnelles et les utiliser d'une façon nouvelle durant toute la semaine suivante. Ces exercices pouvaient-ils vraiment créer le bonheur? Les résultats se sont avérés aussi mitigés que prometteurs. Les mesures d'évaluation utilisées pour tester ces exercices contenaient des énumérations permettant d'estimer combien la vie était plaisante, absorbante ou signifiante. Par exemple, il était possible de choisir entre cinq options par sujet, sur l'échelle suivante:
A. Dans la majorité des cas, je m'ennuie
B. Dans la majorité des cas, je ne m'ennuie ni ne m'intéresse à ce que je fais
C. Dans la majorité des cas, je m'intéresse à ce que je fais
D. Dans la majorité des cas, je m'intéresse beaucoup à ce que je fais
E. Dans la majorité des cas, je suis fasciné par ce que je fais
Les résultats indiquent qu'au sortir de l'expérience, les personnes qui avaient répondu à l'exercice de la reconnaissance étaient beaucoup plus heureuses et moins déprimées qu'au début de l'expérience. Malheureusement, après trois mois, les effets avaient disparu. Les participants qui avaient répondu aux trois bonnes choses de la vie avaient commencé d'en ressentir les effets bénéfiques après un mois. Ils étaient toujours heureux trois ou six mois plus tard. L'effet de l'exercice Utiliser ses forces de nouvelle façon s'était avéré lent à augmenter le sentiment de bonheur, mais celui-ci était resté particulièrement stable à en croire les estimations à long terme.

Les participants à l'étude étaient de condition plutôt aisée, habituées à explorer les sites Web dédiés à la psychologie positive. Ils semblaient plus à l'aise financièrement et mieux éduqués que la population moyenne. On peut tout de même déduire de cette recherche que les exercices qui nous font apprécier nos propres talents, comprendre comment les appliquer plus largement et saisir les raisons qui sont à l'origine des bonnes choses de tous les jours, donnent le sentiment de vivre une vie plus heureuse et plus utile. Ce qui a été l'exercice d'une semaine pourrait devenir l'habitude. Quelle belle capacité à posséder.
Tiré de: Positive Psychology Progress: Empirical Validation of Interventions [Les progrès de la psychologie positive: la validation empirique des interventions] par Matin E. P. Seligman, Tracy A. Nansook Park & Christopher Peterson. American Psychologist, 2005. 60. 410-421.

RECHERCHE – Redéfinir "sexy" chez les femmes de plus de 50 ans

Le mariage de Mildred avec son mari de 46 ans ne s'est pas avéré épanouissant, sexuellement parlant. Âgée aujourd'hui de 83 ans, elle a été persuadée jusqu'ici que son désir était très réduit, surtout après que le médecin l'ait définie comme "frigide". Après la mort de son époux, Mildred s'est mise à assister à des concerts, une activité qu'il n'appréciait pas. Chemin faisant, elle s'est découvert une passion pour le jazz – et pour un musicien de jazz. Celui-ci était attiré par la vitalité et la personnalité aventureuse de Mildred. Ils finirent par trouver que Mildred était loin d'être frigide. "Aujourd'hui, dit Mildred, il en faut peu pour exciter mon désir". Qu'est-ce que signifie "être sexy" après 50 ans? Leah Kliger, professeur de santé publique à l'Université Washington à Seattle et Deborah Nedelman, docteur et thérapeute, se sont mis en quête de réponses. Ils ont sondé 408 femmes âgées de 50 à 98 ans, provenant de toutes les parties des Etats-Unis, ont dirigé 10 groupes de travail avec plus de 100 participantes dans 10 villes américaines et ont interviewé de manière approfondie 55 femmes appartenant à cette classe d'âge.

L'étude révèle que les femmes ne savent tout simplement pas ce qui peut advenir de leur sexualité à leur âge. Si 56 pour-cent d'entre elles ont constaté une baisse de leur désir, 40 pour-cent des femmes ont admis que leur désir n'avait pas changé ou qu'il était encore plus fort qu'auparavant. Plusieurs d'entre elles ont déclaré n'avoir jamais été interrogées sur leur désir sexuel et n'en avait pas une idée précise.
L'idée qu'il existe un "seul et unique moyen" de composer avec leur sexualité va à l'encontre de ce que prouve l'étude. Les comptes rendus montrent que les femmes ont une vie remplie, palpitante, créative sans avoir de désir ou d'activité sexuels. Comme dans leurs jeunes années, leur désir sexuel de femmes âgées croît et baisse avec le temps. Tant les femmes mariées depuis longtemps que celles célibataires pendant la plupart de leur vie rapportent cette variabilité. Les veuves en font également l'expérience, comme les lesbiennes dans leurs relations libres. Pour la plupart des femmes interrogées, le désir sexuel n'était reconnu qu'avec l'existence d'un partenaire sexuel. Nombre d'entre elles ont reconnu que le facteur principal qui excitait leur propre désir était de se sentir attirante aux yeux de quelqu'un d'autre. De nombreuses femmes ont dit que leur désir était le miroir de celui de leur partenaire, que si celui-ci (ou celle-ci) ne s'intéressait pas à elles, elles n'avaient pas de désir sexuel. Diane, une femme dans la cinquantaine a déclaré: "C'est à l'empressement d'un homme sexy que je réagis. S'il n'y a pas d'homme en vue, mon désir s'évanouit".
De nombreuse veuves ont déclaré qu'à la mort de leur mari, leur désir s'était affaibli. Teresa, cependant, fait part d'un sursaut occasionnel: "Il y a de cela un mois, j'ai rêvé que j'étais sur une île, quelque part avec mon mari à mes côtés, et j'ai senti mon désir monter. J'ai d'abord pensé 'Holà, je deviens sénile ou quoi?' Mais je me suis dit finalement que c'était une réaction normale. La plupart du temps, mes pensées sont ailleurs". Il est intéressant de noter que 19 % des interrogées ayant dépassé l'âge de 80 ans ont admis que leur désir était plus fort que d'habitude. Ce pourcentage était moins élevé chez les femmes entre cinquante et soixante-dix ans. Si l'état de santé joue certainement un rôle lorsque l'on parle de désir sexuel, il est néanmoins important de savoir que des femmes de plus de 80 ans et en relativement bonne santé peuvent se montrer très ardentes, même si leur désir est moins fort qu'il ne l'a été en d'autres temps de leur vie.

Le désir sexuel des femmes plus âgées semble lié à leur vision d'elles-mêmes. Plus de 50% des femmes observées et de tous les âges, ont dit que les changements négatifs de l'image de leur corps était la cause principale de la baisse de leur désir sexuel. Les femmes qui avaient continué à se sentir en accord avec elles- mêmes, quel que soit leur âge ou le degré de leur activité sexuelle, avaient trouvé un moyen de composer avec la modification de leur aspect physique et à accepter leur nouvelle silhouette. C'est le grand souci de nombre de femmes. Il a également été observé que le désir sexuel était lié en général à la sensualité. De nombreuses femmes ont décrit une plus forte attirance pour le sensuel dans leur vie quotidienne et ont insisté sur l'importance de s'entourer de beauté. Pour la plupart, c'est après 50, 60 ou même 70 ans qu'elles se sont données la permission de s'ouvrir à la créativité et de se poser de nouveaux défis, du soufflage du verre à la percussion, par exemple. Elles ont trouvé que prendre le temps s'adonner à ces formes d'expression peut être source de nouveaux plaisirs et de satisfactions et même de plaisir sexuel.
Pour permettre au désir sexuel d'éclore, il est tout aussi important de croire qu'en période de menstruation, on a le droit de ressentir du plaisir sexuel et d'exprimer sa sexualité selon son choix. Avoir une attitude positive face à la masturbation afin de maintenir une autonomie sexuelle est une des solutions. Reconnaître que son expérience de vie est d'une grande importance, se permettre d'assouplir ses muscles et de sentir sa force sont pour la femme des composantes essentielles de son estime de soi et de son désir sexuel.
Pour les femmes les plus âgées de cette recherche, trouver un certain humour dans le processus de vieillissement s'est révélé une des façons les plus importantes d'exprimer leur authenticité. Parler de désir sexuel avec d'autres femmes de leur âge s'est avéré libérateur et réconfortant pour la plupart des participantes à ces groupes, une expérience qu'elles espéraient répéter souvent. Le dialogue entre femmes est un outil puissant de changement.

Tiré d'une présentation de Leah Kliger & Deborah Nedelman à la New View Conference [Congrès sur les vision nouvelles] de Montréal, le 9 juillet 2005. Leur prochain livre s'intitulera Still Sexy After All These Years? The 9 Unspoken Truths About Women' Desire [Toujours sexy après toutes ces années? 9 vérités non-dites sur le désir des femmes] publié par Penguin/Perigee. Pour demander le compte-rendu complet de cette présentation, écrivez à info@womenbeyond50.com

REVUE DE PRESSE

* Apprendre sa vie durant dans une société où l'âge est sans importance
Dans notre culture, il est devenu banal de dire qu'apprendre doit être l'activité d'une vie. Avant le vingtième siècle, il était dit qu'après 65 ans, les gens se détournaient de la vie sociale et ne s'intéressaient plus à apprendre de nouvelles choses. En termes de gérontologie, c'est ce qu'on a appelé la théorie du désengagement. De nos jours, cette idée a été abandonnée au profit d'une autre, opposée: la seconde moitié de la vie est là pour cultiver sa propre sagesse intérieure et poursuivre son intégration. Pour accompagner cette modification, la durée de vie s'est prolongée et le nombre des personnes retraitées a augmenté.
Dans les années 1970, de nombreux Etats américains ont créé des lois permettant à de personnes âgées de suivre gratuitement des cours dans des écoles supérieures. D'autres formes d'éducation pour adultes se sont répandues, et de nombreux centres pour aînés ont pu voir le jour dans tout le pays grâce à la manne fédérale. En 1980, avec la croissance des centres d'éducation des aînés, la création d'agences fédérales pour les personnes âgées, la suppression de la retraite obligatoire a pris plus d'importance pour les apprenants moins jeunes. De 1980 à nos jours "nous avons assisté à un changement de paradigme dans le domaine du vieillissement de la décroissance biomédicale ou 'modèle du déclin' lié à l'âge à la vision plus optimiste d'un vieillissement 'réussi' ou 'productif' (p. 206)". La nouvelle théorie du vieillissement est appelée "gérotranscendence", ce qui signifie développer une nouvelle perception de la vie, plus réfléchie. La gérotranscendence a permis, ces dernières années, l'éclosion de nombreux programmes d'éducation orientés sur le spirituel et elle peut se résumer à ce que le rabbin Schachter-Shalomi appelle passer de vieillir à s'assagir.

La diversité est un facteur important dans l'organisation des programmes pour les apprenants plus âgés, parce qu'il n'existe aucun groupe de personnes unifié. Au contraire. Il existe autant de diversité chez les aînés qu'il en existe chez les plus jeunes. Aucun modèle défini ne peut s'appliquer universellement. L'auteur exprime son souci de voir que simultanément à l'éclosion d'une image nouvelle, active, de la population âgée et à la disparition de l'importance démographique de l'âge, les avantages éducatifs qui ont été développés jusqu'à présent se perdent en chemin. Des données récentes montrent que la fréquentation de certains programmes pour adultes décline. Elderhostels [une organisation américaine à but non lucratif qui offre des cours et des voyages aux adultes âgés de 55 ans et plus] constate une baisse de participation et une augmentation de l'âge des participants (de 68 à 72 ans). Ce n'est cependant pas une grande catastrophe de voir les aînés s'engager dans des activités non ciblées pour leur âge plutôt que dans celles qui ont été spécialement créées pour eux. C'est une crise avec laquelle nous pouvons parfaitement vivre.
Pour de plus ample informations sur les Longlife Learning Institutions (LLI), tapez www.elderhostel.org/ein/intro.asp

Tiré de : The Older Learner's Journey to an Ageless Society: Lifelong Learning on the Brink of a Crisis [Le voyage de l'apprenant plus âgé vers une société sans âge: apprendre sa vie durant en situation de crise] par Donald J. Manheimer. Journal of Transformative Education, juillet 2005, 198-220.

DES LECTEURS NOUS REPONDENT

* Dick Barrett nous écrit au sujet de l'héritage de sa mère
Je veux faire savoir à mes amis de la communauté du campus que mes cinq frères et sœurs et moi-même avons assisté hier matin aux funérailles de ma mère. Elle avait 96 ans.Notre mère a enseigné pendant presque 50 ans, depuis les années 1930 jusqu'aux années 1970. Le jour précédant la cérémonie funèbre, nous avons mis sur pied une chaîne téléphonique pour que sa famille dispersée dans tout le pays soit réunie pour la messe d'enterrement. Nous avons été surpris de voir, qu'en plus de la famille, 130 personnes étaient présentes pour lui rendre hommage. Une femme a apporté une carte de bibliothèque vieille de 62 ans, sa première carte, et elle se rappelait encore que ma mère lui avait parlé de ce vieil adage disant que l'on est jamais seul si l'on a une carte de bibliothèque. Une autre homme m'a apporté un livre de contes que sa mère lui avait donné dans les années 1950. Sa mère avait été si émue par "la façon merveilleuse avec laquelle Madame Barrett le lui avait lu" en première année d'école qu'elle avait tenu à le lire à ses propres enfants.
Anne, une femme de 96 ans et ancienne camarade de classe de ma mère est venue seule, car elle tenait à être présente pour pouvoir dire à la famille quelle merveilleuse personne notre mère avait été et "déjà quand elle était enfant". Lorsque nous lui avons demandé comment elle était venue jusqu'ici, elle nous a répondu qu'elle était venue en voiture. Elle pensait qu'elle n'aurait que 8 kilomètres à parcourir, mais elle a roulé plus de 16 kilomètres pour venir dire adieu à son amie.

LIVRES ET RESSOURCES

* Women's Lives, Women's Legacies: Passing your Beliefs ansd Blessings to Future Generations [Vies de femmes, patrimoines de femmes: transmettre ses croyances et ses joies aux générations futures], par Rachel Freed, Fairview Press, 2003. Judith Helburn, leader certifiée du Spiritual Eldering Institute a rédigé ce résumé. Ce livre se centre sur l'héritage et ce que l'auteur appelle transmettre un patrimoine spirituel et éthique. Freed connaît bien le Spiritual Eldering [Vieillir spirituellement], l'œuvre de Zalman Schachter-Shalomi et tire de nombreuses idées de son enseignement, comme la capacité de pardonner lorsqu'on est confronté à la mort, et plus particulièrement la volonté de transmettre un patrimoine spirituel et éthique. Freed nous ouvre une voie qui permet de transformer nos valeurs en joies. En diverses occasions, j'ai tenté d'écrire ce que je voulais léguer à mes enfants et je me suis souvent rendu compte que cela ressemblait à des instructions ou encore à des ordres.
 
Voici quelques-uns des exemples qu'elle donne:
Instruction: Aimez profondément. Joies: Soyez béni (e) comme je l'ai été d'avoir autour de moi des personnes à aimer profondément et que votre amour vous soit rendu en abondance.
Dans un des derniers chapitres, Alternative Legacy [Autres formes d'héritage], elle suggère qu'au lieu d'écrire ses volontés spirituelles et éthiques, on plante un arbre, on crée un collage ou quelque chose de visible à donner en héritage, comme un quilt, par exemple.

Widow to Widow: Thoughtful, Practical Ideas for Rebuilding your Life [De veuve à veuve: idées profondes et pratiques pour reconstruire votre vie], par Genevieve Davis Ginsburg. De Capo Press, 2004. Ce guide à usage personnel renferme un trésor de conseils thérapeutiques pratiques pour les femmes qui sont confrontées à l'expérience émotionnelle la plus difficile de leur vie. Veuve et thérapeute, elle décrit comment reconstruire sa vie après un décès en utilisant sa propre expérience et celle de ses clients. S'il est certain que la perte d'un être cher est difficile à supporter, il y a cependant quelque chose à gagner à mesure que le processus d'adaptation à un nouveau statut s'opère. Le plus important est peut-être que le veuvage permet de développer une nouvelle identité, détachée des contraintes de rôles anciens, comme celui de fille ou de mère. Le célibat durant la période tardive de la vie est le temps de la redécouverte et de la création d'un nouveau soi, libéré de toute attente antérieure. D'anciens passe-temps, passions et habitudes de vie peuvent être retrouvés et appréciés (le pop-corn en pyjama devant la télévision, par exemple, comme le dit un ami). Cette expérience peut s'avérer libératrice aussi bien qu'étrange. L'appui d'anciens amis et des enfants aide à faire de ce temps une période enrichissante. Chacun peut faire face à ce nouveau rôle selon ses propres préférences, ses aspirations, quelle que soit sa culture ou encore le contexte social. En fait, il y a un temps pour le deuil et il y a un temps pour faire de l'ordre dans les armoires.

PETITES ANNONCES ET EVENEMENTS A VENIR

* Invest in Aging, Strengthening Families, Communities and Ourselves [S'intéresser aux personnes âgées, renforcer notre cohésion et celles des familles et des collectivités] Un congrès organisé en commun par la National Council on the Aging et l'American Society on Aging, qui se tiendra à Anaheim, en Californie, du 16 au 19 mars 2006.

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